Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /2009 17:58
Ségolène Royal a fait un tour de force samedi à Dijon, afin de rappeler que si certains étaient là aujourd'hui, c'est aussi grâce au mouvement qu'elle a initié. Les militants PS du courant "'Espoir à Gauche" et de la sensibilité de Ségolène Royal voulaient qu'elle prenne part au courant.

Visiblement ce n'était pas l'envie de Vincent Peillon qui ne voulait pas d'elle mais voulait s'approprier le courant !

Vincent Peillon parle d' un coup médiatique et c'est lui même qui en a fait la promotion à la radio la veille sur Europe 1 en faisant monter la polémique (Peillon n'en aurait pas parlé, cela n'aurait pas été soulevé).

Voici les explications de Ségolène Royal.


Conférence de Presse de Ségolène Royal à Dijon

Après s'être expliquée hier, elle est retournée en Poitou-Charentes pour lancer sa campagne pour les élections régionales .

"L'incident est clos. Aujourd'hui, nous passons aux choses sérieuses. Je crois que la politique, c'est de rassembler, ce n'est pas d'exclure", a déclaré à la presse Mme Royal avant son meeting à La Crèche
devant plus de 1.000 personnes.

"Ce qui est important, c'est la parole des citoyens, la parole des militants. La politique c'est de rassembler et de ne pas exclure et que chacun se comporte respectueusement, paisiblement sereinement", a affirmé la présidente de la région Poitou-Charentes.


L'eurodéputé socialiste Vincent Peillon a estimé dimanche sur Canal+ que Ségolène Royal "ne pourra pas faire gagner" la gauche en 2012 s'étant, selon lui, "disqualifiée" samedi à Dijon lors des premières rencontres du "Rassemblement social, écologique et démocrate".

Sur internet, les militants et les responsables du courant du PS "Espoir à Gauche" remettent aussi une sérieuse couche à Vincent Peillon.

Gilles Savary sur son blog parle de "Hold-Up" sur l'Espoir à Gauche

"Royal:distribution de pillules à Dijon

Mercredi dernier, Jean-louis Bianco m'avait invité à accompagner Ségolène Royal à Dijon.
Je ne connaissais pas la nature exacte de l'expédition.
A voir Vincent Peillon, hier soir au journal de France 2, départi de son self contrôle habituel ,les traits tendus et le visage en sueur, j'ai compris que le déplacement de Ségolène Royal à Dijon à la tête du petit commando de sa garde rapprochée, tenait plus de l'expédition de Maggie Thatcher pour récupérer Les Malouines,que d'un voyage de noces.

Vincent Peillon avait réussi un hold up presque parfait, qui aurait presque rendu jaloux Ronald Biggs, en lui piquant son "courant" et en se gonflant de son score au Congrés de Reims pour négocier sa fallacieuse importance auprés de Martine Aubry, et même des autres formations de gauche.
Il n'y avait réussi que par l'instinctive aversion de Ségolène Royal aux jeux d'appareil..Voilà qu'elle s'invite à Dijon pour y distribuer ses pillules contraceptives!

Ce qui est sûr, c'est que le couple Peillon-Royal peut s'en passer!Grande Dame, elle lui en quand même distribué une: une pillule amère visiblement, vue la grimace de Peillon..."



Michèle Delaunay sur son blog parle "d'O.P.A (Offre Publique d'Achat) sur l'Espoir à Gauche

"Le spectacle socialiste

En anglais, on dirait "the entertainment", mot dont le sens est plus proche du "divertissement" pascalien que celui de "spectacle". Et en effet, le Parti Socialiste n'en rate pas une et donne toujours quelque chose à voir, quelque chose à dire, et surtout à médire, aux médias, à tout le monde et d'abord à nous mêmes.

Pourquoi sommes-nous ainsi devenus les rois d'un show-biz souvent malintentionné mais que nous mettons une grande application à justifier ?

Il y a plusieurs réponses. La moindre n'est pas : notre absence de discipline interne.

D'accord, le mot n'est pas sexy et l'oreille d'un socialiste libertaire se frise comme les pétales d'une tulipe hybride à l'entendre. Et pourtant ...

Le show-biz de ce week-end, c'est la visite de Ségolène Royal à Dijon, ville dont le Maire est François Rebsamen, directeur de sa campagne présidentielle et son fidèle soutien dans le tragique chemin des Dames qui s'est conclu à Reims.


L'organisateur de la manifestation est Vincent Peillon, non moins fidèle lieutenant de Ségolène dans les campagnes précitées, éloquent plaideur de la motion "l'Espoir à gauche" qui a recueilli, on le sait, à quelques pichenettes de voix très discutées, la presque majorité lors du vote élisant notre Première Secrétaire.

Où est le problème ?

Le problème est que Vincent Peillon a lancé une O.P.A (Offre Publique d'Achat) sur l' "Espoir à gauche". Certes, ce n'est pas une marque déposée, comme peut l'être Panzani ou Dunlopillo, mais c'est le titre, l'étendard de la motion que Ségolène Royal a porté et qui a porté Ségolène Royal.

Premier coup médiatique à l'Assemblée nationale où Peillon a convoqué la presse mais pas les députés pour s'auto proclamer chef de "l'espoir à gauche" ; deuxième à Marseille avant l'Université de la Rochelle, troisième à Dijon.

Détail : Ségolène Royal n'a été ni informée, ni invitée.

Que fait notre comité d'éthique que j'ai appelé de mes voeux dès mon entrée au Parti Socialiste , et dont la réalité a été votée à une très large majorité le 3 octobre 2009 ?

Partir avec la marque n'est pas plus honorable que partir avec la caisse. Ce vocabulaire n'est pas celui d'un parti politique, surtout le mien, tel que je l'aimerais. Il a pourtant un sens : dans ce siècle marchand, l'éthique du commerce, au moins, doit être comprise.

Ségolène a eu du courage d'aller à Dijon. Dire qu'elle a eu raison, est autre chose : elle n'aurait surtout pas du avoir à le faire, si nos instances avaient évité ce nouvel épisode du médiocre spectacle dont tant sont friands.

Qu'on ne mécomprenne pas le sens de ce billet. Il n'est ni ségoléniste, ni anti-ségoléniste. Une fois pour toutes, après Reims, j'ai décidé d'être une socialiste TMC (Toutes Motions Confondues). Vincent Peillon, qui a couru sous toutes les casaques, a été de ceux qui m'ont appris que, pour certains, les motions n'étaient pas (plus) de profonds courants de pensée mais des écuries de pouvoir.

Je ne supporte plus les erreurs, les faveurs, les faiblesses qui démobilisent les militants, découragent ceux qui nous sont proches, ragaillardissent ceux qui nous sont opposés.

La République et la Démocratie, en France aujourd'hui, sont comme deux veuves qui marchent sous la pluie en se soutenant l'une l'autre. Veuves d'un gouvernement qui se soucie tantôt de l'une, tantôt de l'autre, comme de l'autre comme d'une guigne.

Seront-elles aussi orphelines de qui les a fait naître ?"


Guillaume Garot  demande à Vincent Peillon de privilégier le fond aux polémiques.

"Il faut que ça cesse. De très nombreux militants sont choqués par ces agressions verbales répétées contre Ségolène Royal",
a lancé le député-maire socialiste de Laval.

"Mieux vaudrait aujourd'hui parler du fond, des propositions qui ont émergé hier à Dijon durant ce beau week-end politique", qui a fait émerger "des convergences entre des responsables d'horizons différents pour construire l'alternative à la politique de Nicolas Sarkozy"

 "Quand on veut rassembler, on ne commence pas par exclure",
a-t-il encore lancé à l'adresse de M. Peillon.

 

Quant aux militants PS du courant "Espoir A Gauche", ils montrent leur colère en s'exprimant sur "la toile". 
Comme cette militante
Leila A.
avec sa lettre publiée sur LePost à Vincent Peillon.

"Monsieur Peillon ,

J'écris ce post pour vous dire que vous m'avez très déçue et je ne pense pas être seule dans ce cas .

Vendredi vous avez déclaré : "Nous avons besoin de transparence et de vérité. Marre des mensonges. Marre des gens qui se servent uniquement de coups médiatiques. On a besoin de transformer les choses dans la durée, on a besoin de se respecter les uns les autres, on a besoin de travailler."

Dès lors , je suis allé sur votre profil Facebook pour vous dire ce que j'en pensais . Bien sûr , je vous ai dit que je n'étais pas d'accord , que je trouvais que Ségolène était à sa place au seins de EAG vu que c'est sa motion qui a donnée naissance à ce courant et que faire une émission de télé-réalité politique c'est un grand les coup médiatique quand même .

Vendredi soir , des messages sans aucune insulte , je le précise , ont été supprimés sur votre mur ... C'est déjà un bel exemple de démocratie monsieur Peillon ...

Et samedi soir , je découvre que je ne fais plus parti de vos amis ... Alors , je me dis que c'est bien dommage que vous n'arrivez pas à accepter les critiques . Pour être honnête , être "amis" sur facebook avec vous ou ne pas l'être n'est pas important mais je voulais juste vous dire que c'est pas en supprimant des commentaires ou des "amis" que vous ferez taire les militants ..."


Sourcearticles sur LePost ,Blog politique, LeFigaro et AFP.

Par Agir et avancer
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